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Comparaisons
Savoir exprime la connaissance d'un fait, d'une information ou d'un savoir-faire ; connaître exprime la familiarité avec une personne, un lieu ou une chose. Savoir se construit avec un infinitif ou une proposition (que, si, où, comment…), tandis que connaître exige toujours un nom complément d'objet direct et n'introduit jamais de proposition. Au passé composé, le sens change : j'ai su signifie « j'ai appris » et j'ai connu « j'ai rencontré ».
fact or skill → savoir · person, place or thing → connaître
Posez-vous une seule question : ce qui suit le verbe est-il un nom familier ou une information ? Si vous pouvez remplacer le complément par « que… », « comment… », « si… » ou « où/quand/pourquoi… », il faut savoir. Si le complément est une personne, une ville, un livre, un restaurant — tout ce que l'on connaît par expérience — il faut connaître.
Un raccourci grammatical fiable : connaître est toujours suivi directement d'un groupe nominal. Il n'est jamais suivi de que, de si, d'un mot interrogatif ou d'un infinitif. Savoir accepte toutes ces constructions. Dès qu'une proposition ou un infinitif s'annonce, le choix est donc déjà fait.
Je sais que le train part à huit heures.
I know (that) the train leaves at eight.
savoir + que + proposition
Elle sait nager depuis l'âge de cinq ans.
She has known how to swim since she was five.
savoir + infinitif = un savoir-faire
Sais-tu où se trouve la gare ?
Do you know where the station is?
savoir + mot interrogatif
Je ne sais pas si elle viendra demain.
I don't know whether she'll come tomorrow.
savoir + si
Je connais très bien Montréal.
I know Montreal very well.
un lieu familier
Tu connais mon frère ?
Do you know my brother?
une personne — toujours connaître
Nous connaissons un bon restaurant près d'ici.
We know a good restaurant near here.
Elle connaît la chanson par cœur.
She knows the song by heart.
familiarité avec une œuvre — même par cœur, on garde connaître
| Ce qui suit le verbe | Verbe | Exemple |
|---|---|---|
| que / si / où / comment + clause | savoir | Je sais qu'il est parti. |
| infinitive (a skill) | savoir | Il sait conduire. |
| a fact, standing alone | savoir | — Le film commence à quelle heure ? — Je ne sais pas. |
| a person | connaître | Je connais sa sœur. |
| a place | connaître | Ils connaissent bien Paris. |
| a thing / work / topic (familiarity) | connaître | Je connais ce roman. |
Le passé composé change le sens des deux verbes. J'ai su la vérité signifie « j'ai appris la vérité » (le moment de la découverte), et j'ai connu Marie à Lyon signifie « j'ai rencontré Marie à Lyon » (la première rencontre). Pour un état de connaissance qui dure dans le passé, on emploie l'imparfait : je savais, je connaissais.
Ne confondez pas savoir + infinitif et pouvoir + infinitif. Je sais nager exprime un savoir-faire appris ; je peux nager signifie que les circonstances le permettent maintenant. « Je connais nager » est impossible : connaître n'accepte jamais l'infinitif.
Avec les langues, les deux existent mais diffèrent : je sais le français est rare et livresque ; je connais le français suggère une familiarité avec la langue comme objet d'étude. Au quotidien, on dit surtout je parle français.
Voyez savoir comme la connaissance stockée dans la tête — faits, réponses, savoir-faire que l'on peut démontrer. Voyez connaître comme la connaissance inscrite dans votre vécu — personnes rencontrées, rues parcourues, livres lus. Si un manuel aurait suffi pour l'apprendre, c'est savoir ; s'il a fallu un contact ou une expérience, c'est connaître.
Dans les épreuves orales du TEF et du TCF, les questions de présentation font surgir cette paire immédiatement : je sais + infinitif pour les savoir-faire (je sais conduire), je connais + nom pour les lieux et personnes (je connais bien Toronto). Les erreurs du type « je connais nager » sont relevées comme une faute de contrôle élémentaire, et à l'écrit, la nuance du passé composé (j'ai su = j'ai appris, j'ai connu = j'ai rencontré) distingue précisément un récit B2 d'un récit B1.
Non. Connaître doit être suivi directement d'un groupe nominal. Devant une proposition avec que, si ou un mot interrogatif, seul savoir est possible : je sais que tu as raison, jamais « je connais que tu as raison ».
Je sais nager. Le français emploie savoir + infinitif pour les savoir-faire, sans « comment » : je sais conduire, elle sait lire. « Je sais comment nager » est maladroit, et « je connais nager » est impossible.
Ils passent de l'état à l'événement : j'ai su = j'ai appris (à un moment précis), j'ai connu = j'ai rencontré ou j'ai vécu. Pour un état durable dans le passé, on emploie l'imparfait : je savais, je connaissais.
Connaître, car une ville se connaît par familiarité : je connais Paris. On ajoute naturellement bien ou un peu : je connais bien Paris, je connais un peu Lyon.